Flash-Back (3)

Episodes précedents 1 & 2

Chapitre 3. L’amour impossible.

Je tombais de haut, et il était pour moi impardonnable. Il avait beau m’écrire des lettres et utiliser Julie comme médiatrice, je ne voulais rien entendre. Il n’avait pas brisé que notre histoire, il avait sali ma vision de l’amour. Et je ne voulais plus me laisser avoir. Mais derrière le masque glacial que j’affichais, je l’aimais toujours désespérément.

Alors, je suis sortie avec un garçon de sa classe. Un grand brun hyper canon qui m’énervait au plus haut point (Il m’appelait « ma puce » je trouvais ça ridicule!) et que j’ai beaucoup fait souffrir. Je le traitais comme un objet qui ne me servait qu’à ma pitoyable vengeance. C’était nul et puéril, mais je ne le réalisais pas. Pourtant, ça a marché.

Il a réagi. Il s’est mis à m’attendre tous les jours à la sortie du collège. Il insistait pour me parler et moi je l’ignorais. Jusqu’à ce qu’il ne m’en laisse pas le choix. Avec l’aide de Julie.
Elle m’avait donné rendez-vous au lac, et comme vous l’aurez deviné, c’est lui qui m’y attendait. Avec un beau discours et quelque chose dans le regard qui semblait me prouver sa profonde tristesse de m’avoir blessée. Je l’ai écouté sans rien dire, il m’a dit des mots magiques et comble du romantisme, c’est là qu’il m’a offert sa gourmette. Ce symbole adolescent de l’union sacrée. Nous étions là, tous les deux, sur cette plage, et je ressentais le sentiment d’être unie à lui pour toujours!

Tout était donc pardonné. Et les choses ont repris leur cours. La fin du collège approchait et nous avions mille projets pour l’été. Ma mère avait même accepté que je ne passe pas tout mon été chez ma grand-mère dans le sud, je jubilais. Sauf que…

Un mois plus tard, mon père nous annonçait que nous allions déménager à l’autre bout de la France à la fin de l’été. Le ciel me tombait sur la tête, une seconde fois. Je trouvais cela tellement injuste, j’en voulais à mon père, à ma mère, à la terre entière. Comment pouvait-il me faire ça? Séparer deux êtres qui s’aiment. Des amants maudits, tels Roméo et Juliette!

Le fait que ma mère me dise « Tu te feras d’autres copains! » prouvait qu’elle ne mesurait ni l’intensité de mon amour ni le cataclysme dramatique qui s’abattait sur moi. Je la tiendrais pour responsable de l’échec ultime et inévitable de ma vie sentimentale à jamais. (Oui, quand on a 15 ans, on a pas peur des mots)

*** Epilogue ****

L’amour à 15 ans n’est pas assez fort (ou pas assez pris au sérieux) pour survivre à la distance. L’histoire s’est arrêté, sur cette note d’amertume, d’injustice, d’inachevé. Je n’ai plus jamais eu de nouvelles et n’en ai pas cherché. J’ai grandi, j’ai avancé (j’ai pardonné à mon père) et j’ai changé aussi. Mais cette histoire reste toujours unique à mes yeux.

Peut-être que je n’aurais pas ce sentiment si je n’avais pas déménagé et que notre histoire s’était terminée autrement. Peut-être que c’est justement mon départ qui a figé cette histoire et l’a laissé intacte dans ma mémoire. Ou peut-être que je l’ai idéalisé avec le temps. Peu importe puisque c’est finalement juste un beau souvenir…

*** FIN ***

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15 réflexions sur “Flash-Back (3)

  1. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui ne déménagent pas ! Insupportable en effet !
    Je n’avais pas bien compris le billet précédent, en fait c’était un « faux pas » d’un soir ! Je croyais qu’il t’avait quittée pour une autre !
    Bon d’accord ce n’est pas excusable quand même !
    Et la vengeance, normal à cet âge !

  2. En fait, les parents oublient qu’ils ont été jeunes et qu’eux aussi on aimé. Comme nous oublierons aussi à notre tour d’avoir aimé. Et la responsabilité d’être parent et d’avoir l’impression qu’on sait mieux que les enfants ce qui est le mieux prendra le dessus.

  3. @ Louisianne: Les parents qui déménagent c’est peut-être le pire, parce qu’on vit ça comme une injustice. Et comme on a pas notre mot à dire, on se sent « arraché » à la vie et aux gens qu’on aime.

    @ Marion: Non, ils ne le mesurent pas. Pour eux, ce ne sont que des amourettes. Alors que je reste convaincue que l’amour peut être très fort à cet âge-là aussi.

    @ Angie: Je me disais toujours que moi je n’oublierais pas! Mais à vrai dire je ne sais pas comment je serais quand j’aurais un ado. On en reparle dans 15 ans?

  4. Pas d’accord avec Angie ! Je n’ai jamais oublié que j’ai été jeune, je n’ai jamais méprisé les chagrins d’amour de mes filles, et jamais je ne leur aurai interdit une sortie importante pour elle ! Et je suis sure Kate que tu en ferai autant !

  5. Louisianne, ça ne m’étonne pas du tout ce que tu dis. Tu fais partie de celles qui n’ont pas oublié, et donc qui comprennent les chagrins d’amour d’adolescence! Mais tous les parents ne réagissent malheureusement pas comme toi. Je me souviens de la réaction de ma mère et je n’avais pas l’impression d’être prise au sérieux. Comme si mon chagrin n’était qu’un caprice d’enfant.
    Mais ce serait une bonne question à poser aujourd’hui à ma maman!

  6. Je ne comprend pas qu’on puisse se croire fortement attaché à une personne tout en ne voulant pas avoir de ses nouvelles. Si ce que l’on ressent suffit pour être en colère mais pas pour maintenir le contact c’est qu’il ne s’agit pas de sentiments mais seulement d’une émotion… un caprice en fait, même s’il a marqué. Désolé de le dire. 😦

  7. @ Galstar: Ne sois pas désolé, j’aime que les gens exprime leur avis, même si je ne le partage pas.
    Ta réflexion est tout à fait censé, mais je pense que tu te trompes.
    En réalité, j’ai coupé une partie de mon épilogue car je le trouvais beaucoup trop privé pour être écrit ici (et c’est rare que je m’auto-censure) donc je donne peu d’info sur la façon dont s’est achevé l’histoire.
    Alors c’est vrai que le raccourci est un peu trompeur (« l’histoire s’est arrêté…Je n’ai plus jamais eu de nouvelles ») mais ce ne fut pas aussi simple.

  8. Je comprend mieux quand tu utilises « ce ne fut pas aussi simple ». Les sentiments prennent alors plus de réalité qu’avec un simple raccourci. Là, ça va. 🙂

  9. ah kate tu es toujours aussi pure 😉 il manque la bande originale d’hélène et les garçons pour lire ton billet ah ah Gloups.
    Je vais me faire un plaisir de relire tes anciens post, j’ai pris du retard.

  10. Si la vie t’a mise devant cette situation, c’est que les choses devaient se passer ainsi… Ca t’a fait grandir, prendre conscience d’une chose merveilleuse, l’Amour, et tu as fait ton chemin depuis. Continue à regarder droit devant, et dis-toi bien qu’à l’époque tu était terriblement désarmée (comment puet-il en être autrement à 15 ans ?) pour tout comprendre et savoir ce qu’il fallait faire. Sois indulgente envers toi-même.

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