Flash-Back (1)

Piqûre de rappel à l’usage des parents qui auraient oublié qu’on aime à en mourir quand on a 15 ans.

* Préambule *
Le premier amour est un sujet bien difficile à traiter. Alors plutôt que de m’essayer à la rédaction épineuse d’une thèse approximative du sujet, autant vous livrer ma version, mon histoire, sans foriture et sans analyse (ou presque). Juste l’histoire, telle que je m’en souviens.

Chapitre 1. Ils s’aiment.

Il s’appelait S. mais personne ne l’appelait par son prénom. Il avait un surnom qui lui collait à la peau depuis la maternelle. J’entendais souvent parler de lui, il était le meilleur ami du petit copain de Julie. Julie, ma meilleure amie, celle avec qui ma phase de rébellion a commencé.

Pour fêter ses 14 ans (ça me parait dingue aujourd’hui que nous fussions si jeunes) Julie organisait une soirée. Pour la première fois, il n’était pas question d’une « boum ». Non, nous avions passé l’âge! C’était la première véritable soirée, sans parents pour nous surveiller, sans couvre-feu, et avec alcool.
Ma mère avait failli m’interdire cette soirée, faut dire qu’elle n’aimait pas vraiment les méthodes éducatives des parents de Julie. (Et je réalise qu’il n’est pas courant pour des parents de laisser leur maison à leur fille de 14 ans une nuit entière.)

Quand je suis arrivée chez Julie, nous avons installée la chaine Hi-fi qui diffuserait nos Nirvana, AC/DC et Métallica toute la soirée, et nous nous sommes « habillées », ce qui signifiait à l’époque se « déshabiller ». Un jean et un top suffisamment court pour dévoiler le nombril, du noir sur les yeux et nous étions prêtes.

Pas longtemps après, tout le monde est arrivé. Et surtout le copain de Julie, accompagné de son meilleur ami. Ce fut un coup de foudre immédiat, mais surtout à mon grand bonheur un coup de foudre réciproque. Je m’en souviens encore comme si c’était hier. Toute cette nuit fut enivrante, nous avons bu, nous avons dansé, nous avons crapoté fumé, nous avons parlé. On s’est finalement embrassé au petit matin, au fond de jardin, plein de promesses, plein d’étoiles dans les yeux, et surement un peu ivres aussi…

A partir de là, et pendant les mois qui ont suivi, plus rien n’avait d’importance*. Les cours, le collège, les colères de ma mère. Tout ce qui m’importait était d’être avec lui. Chaque minute après les cours à s’embrasser devant le collège comptait. Chaque samedi je prenais mon scooter pour parcourir les 30 kilomètres qui me séparaient de lui. Chaque vacances envoyée en prison chez ma grand-mère devenaient interminables. Et la nuit je m’asseyais dans le noir du salon et je chuchotais au téléphone avec lui. (Et oui, il n’y avait pas encore les portables, mais le bon vieux téléphone fixe familial du salon!)

A 15 ans, on découvre que l’amour est incroyablement fort, mais les jeunes Roméo & Juliet doivent aussi apprendre qu’il peut aussi être destructeur. Et cette découverte est bien la pire de toutes…

A suivre…

*Nothing else matter?


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2 réflexions sur “Flash-Back (1)

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