Une bulle d’oxygène

Ne pas travailler ne signifie pas être en vacances.
Certains pourraient penser que de ne pas avoir travaillé depuis 1 an (ouïlle déjà!?) je n’ai pas besoin de vacances.
Et pourtant, je n’ai jamais autant souhaité être en vacances. Même quand j’étais sur les rotules après une année de dur labeur au bureau, je ne les attendais pas autant!

Parce qu’être au chômage, cela signifie:
– Etre angoissée. Par l’avenir, l’incertitude, les projets qui n’aboutiront peut-être pas.
– Etre stressée par la perspective de perdre ses allocations, et penser sans cesse à ne pas oublier un rendez-vous, une convocation, et le fameux « pointage » assedic.
– Rendre des comptes. Aux assedics, à la conseillère anpe qui vous regarde comme un rat crevé, à la banque (et à sa mère qui s’inquiète de votre avenir).
– Postuler à des offres d’emploi improbables, et ne pas être prise car surdiplômée.
– Etre à la maison toute l’année. Avec tout ce que cela implique, l’ennui, la démotivation, le quotidien rythmé par les tâches ménagères.
– Etre disponible. Comment dire non lorsqu’on vous demande de réparer un ordinateur*? D’aider untel à monter un site web ou d’aider une amie à préparer une soirée*? D’aller chercher tante Ursule à l’aéroport*? Vous n’avez pas d’excuses vu que vous n’avez rien d’autre à foutre.
– Faire de la boulimie de livres, de films, de séries, passer des heures derrière l’ordi et culpabiliser à mort de voir les jours qui passent.

Et le pire de tous:

– Se sentir inutile. Lorsque votre copine ne peut pas vous parler parce qu’elle est surbookée*. Lorsque les discussions tournent sur les histoires de bureau. Lorsque vos ex-collègues vous racontent les potins et que vous ne pigez rien parce que vous avez loupé douze épisodes*. Lorsque vos amis informaticiens vous parlent de la conférence Microsoft ou de la dernière technologie trop-de-la-balle qui est sortie*. Ou lorsque le voisin vous demande ce que vous faîtes dans la vie*. Et quand sur Facebook, vous découvrez que toutes vos copines de lycée sont mariées, mère de famille et ont un job, et que vous, vous n’avez rien. (Note: Mais n’allez pas croire que j’envie leur vie pour autant hein?!)

Pour toutes ces raisons-là et pour le fait de ne plus supporter ma maison, mon décor, ma ville et ses éternelles même têtes que je croise tous les jours, je pars.

Juste quelques jours. Juste pour changer d’air. Juste dans la perspective de revenir avec le moral.

Au programme? Après le mariage des amis de mon homme demain, je traverserais la mer et cap sur Nice. Pour voir U2 en concert le 15. Pour faire quelques soldes. Et comme à mon habitude, pour manger dans ce restaurant japonais que j’aime tant avec des amis niçois.

Juste quelques jours, rien de bien exceptionnel mais c’est déjà énorme pour moi!

A très vite les amis!!

*Certifiés conformes (situations vécues).

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9 réflexions sur “Une bulle d’oxygène

  1. Pas évident comme situation, mais tu peux en profiter pour faire de la veille technologique, participer à des salons, rencontrer du monde. J’ai eu une période d’inactivité il y a longtemps et c’était vraiment super positif. Le tout est de s’imposer de faire des choses. Moi je regrette presque la période ou je ne bossais pas. Évidement, il ne faut pas que cela s’éternise.

  2. @Denis:
    Tout d’abord, bienvenue!
    Ensuite, je suis d’accord sur le fait que l’inactivité a aussi du bon. J’en profite pour approfondir mes connaissances en web, analyser les besoins du marché, tester de nouvelles technologies. Tout ça, par passion mais aussi dans le but de démarrer ma propre activité. C’est une excellente chose d’avoir du temps à y consacrer, mais un an c’est long et il faut une sacrée persévérance pour ne pas se laisser démotiver. Depuis quelques semaines c’est ce qu’il m’arrive, j’ai perdu mon fil conducteur. Mais je pense que quelques jours de « vraies » vacances me remettront sur les rails!

  3. Comme je te comprend. Moi ça fait un an tout juste que j’ai fini mes études, dans le domaine du web aussi. Et depuis, toujours rien. Ca fait bizarre de voir tous les anciens de la promo trouver petit à petit et de rester au même point. Mais bon faut s’accrocher 🙂 .!

  4. @Fleur de cerise:
    Tu as raison, il faut s’accrocher. Moi j’avais eu la chance de trouver très vite du boulot après mes études, il faut parfois y aller au culot, se démarquer des autres par sa motivation, sa persévérance. Courage! Je sais comme c’est dur de voir les autres avancer et de stagner soi-même.

  5. Surement difficile de ne pas succomber à la facilité d’en faire moins, parce qu’on a du temps… tu fais bien de te garder des rythmes, d’enrichir tes connaissances… surtout ne pas « trop » se décaler avec « cette » vie active qui durant ce laps de temps n’est plus la tienne
    bonnes vacances ma belle

  6. Mais non tu ne chôme pas, super ta nouvelle bannière !
    Je comprends ce que tu ressens ! Je n’ai pas connu le chômage, mais les congés maternité déjà ça suffit à te sentir complètement out, en dehors du monde du travail. Quand à la disponiblité pour tante Ursule à l’aéroport, moi c’est le week-end qu’on estime que parce que je n’ai pas de Jules, je suis toujours dispo ! Bonne vacances, profite !

  7. Je n’aurai pas pu mieux l’écrire. Je suis au chômage également et c’est horrible de se sentir en décalage par rapport à ceux qui ont un boulot. Bonnes vacances!

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