Publié dans mai 2010

Gravé dans la chair

Abordons un sujet sensible: l’amour, l’inconscience de l’amour.

La meilleure amie de ma belle-sœur, une jolie blondinette de 20 ans, vient de se faire tatouer “Jean-Charles” en lettres géantes sur la moitié supérieure du dos. Indépendamment du côté super cul-cul-la-praline du truc (Écriture italique, fioritures et petites étoiles), c’est le geste lui-même qui me choque (parce que sinon j’adore les tatouages). Et j’oserai même dire:
Comment peut-on être assez bête pour faire ça?

Pourtant, je le connais ce sentiment: Être folle amoureuse, le tourbillon qui déstabilise et emporte tout sur son passage*, penser dans le plus profond de son être que cet amour-là est unique et ne pourra jamais cesser. A 18 ans, quand j’ai rencontré mon homme, j’étais capable de tout. Prendre ma voiture en pleine nuit pour le rejoindre parce que décidément le week-end est trop loin. Dépenser 2 mois de salaire de mon pauvre job d’étudiante pour lui offrir la montre de ses rêves. Partir en vacances à l’étranger sans un sou et être juste heureuse d’être avec lui. Et même… Lui demander de venir vivre avec moi et d’accepter de travailler dans l’entreprise de mon père.

Pourtant, jamais je n’aurais pu gravé son nom dans ma chair. Au fond de moi, même si l’idée m’est insupportable, je sais que la réalité c’est que l’amour parfois cesse, qu’on ne sait jamais de quoi demain est fait, et que: Sait-on jamais tout de quelqu’un aussi proche soit-il?**

Peut-être suis-je trop pessimiste, trop ancrée dans la réalité pure, mais je ne peux m’empêcher de penser que c’est de l’inconscience.

Vous en pensez quoi vous?

* J’emprunte ces mots à Jacques Salomé, extraits de son livre
“contes à aimer et à s’aimer” que je vous conseille vivement.

** Vous aurez peut-être reconnu ceci.

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